La médaille...!

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1 nov. 2016

Expé Pérou 2016


Arete sommitale de la Siula - 6300m

Laguna Siula - Camp de base - 4300m

14 sept. 2016

Tentative Super integral one push

                              




Petit déjeuner de champion dans le coffre de la voiture, il est minuit et demi. Le temps d’un thé et nous partons pour un (long !) voyage. Cette montée à Monzino, on commence à la connaître. Après une première expérience de « one push » l’an dernier, l’envie de retourner se marcher sur la langue dans ces belles montagnes est plus forte. Comme d’habitude on a vite oublié les difficultés d’une entreprise comme celle ci.
Partir de la voiture avec pour prochain refuge le Gouter, de l’autre côté de la montagne, est une expérience assez grisante. C’est stimulant parce que, pour une fois, on part en montagne sans avoir les bretelles qui s’impriment dans les épaules. On part comme si on allait grimper en falaise. Cela rend la marche d’approche bien plus agréable. Le sac est minimaliste, avec ce qu’il faut de matériel et de nourriture, en essayant de viser au plus juste. Les chaussures de montagne sont celles d’un célèbre skieur alpiniste, le pic à glace est celui d’une course de neige facile. La corde d’attache, de diamètre 8,6 mm, correspond à ce qui se faisait de mieux il y a peu de temps en matière de corde à double ! Seuls les crampons de 10 pointes et une bonne fournée de friends semblent coller avec l’idée de grimper les quelques 4500 m de dénivelés qui nous séparent du toit de l’Europe, par des voies rocheuses soutenues.
En cas de problème en revanche, le « light » peut avoir un certain poids. La pharmacie est minimaliste. Pas de bivouac prévu donc pas de sac de couchage, ni vêtements chauds. Malgré cela les prévisions météo sont très fiables. Rien à voir avec une hivernale d’une semaine où les grands régimes anticycloniques peuvent se décaler et laisser place à une tempête imprévue. A 24 heures près, les prévisions frôlent à chaque fois les 100% de réussite. La température, le vent, l’état du ciel... Les incertitudes s’envolent et le poids du sac s’en ressent.
Il est 3 heures du matin, nous avançons comme des fourmis sur le glacier du Frêney. Nous sommes perdus dans ce paysage gothique, avec ses piliers de granit immenses et ses séracs luisants sous les feux de la pleine lune. Petits dans cette immensité on se sent humble, mais c’est aussi une grande prétention que de vouloir escalader ce versant par un itinéraire tout au superlatif. Encore une fois, la montagne est un paradoxe !
Notre premier morceau du jour se découpe au dessus de nous. L’Aiguille Noire de Peuterey et sa classique Ratti-Vitalli nous tendent les bras. Derrière nous se dresse, encore inenvisageable, le sommet du Mont Blanc de Courmayeur.
Plus beaucoup de surprises dans cette voie que nous avons déjà parcourue en repérage une quinzaine de jours plus tôt. En trois « longueurs » réalisées à corde tendue, nous arrivons au pied du bastion sommital. Avec seulement un 6a et 25m d’artif, cet itinéraire s’immisce à merveille dans l’impressionnante face ouest. 3h30 après avoir quitté la rimaye, nous embrassons la vierge et serrons la pince à notre ami Mathieu Détrie, grand guide, qui réalise ici l’Intégrale de Peuterey avec son client. Nous délovons notre brin de dynema et nous enchainons sur les rappels.







Deux heures plus tard nous déambulons sous le cagnard, entre les crevasses, au pied de la Gugliermina. La fatigue commence à poindre, il nous faut récupérer l’eau de fonte et faire le plein de nos bouteilles. Attaquer à cette heure peu habituelle une face rocheuse semblable à celles qui peuplent l’Oisans Sauvage est une idée peu orthodoxe. Les risques de chute de pierre y sont plus importants, il faut accélérer le pas dans le socle. Malgré quelques erreurs d’itinéraire pour quitter les vires Schreider, nous gagnons malgré tout sans encombre le fil du pilier. La ligne de la voie est sans équivoque. Ce diable de Giusto a visé le fil à plomb et il va falloir s’employer pour le suivre. Les longueurs de V/V+ s’enchaînent sans repos. Le rocher, bien que plutôt solide, réclame malgré tout une vigilance accrue. La préhension classique ici, c’est la pince ! Les fissures ne sont pas légion et l’escalade est plus engagée que dans la Noire. Une belle face et une voie digne du Grand Gervasutti !








Le plaisir d’évoluer sur ce pilier est partagé. Protégés des pierres par la verticalité ambiante, nous profitons de l’escalade athlétique. Seule une longueur vraiment mouillée dans le haut de la voie nous oblige à serrer un peu plus les dents. Le soleil vient de disparaitre derrière l’arête du Brouillard, les doigts s’engourdissent. Au relais, comme des plants de tomates, nous nous collons à la paroi pour emmagasiner cette énergie gratuite enfin restituée par le rocher rouge. Encore un peu d’escalade et nous rejoignons le sommet de la Pointe Gugliermina. Une heure plus tard, nous voici sur la trace accueillante de l’Intégrale.
Sur l’arête en demi lune, la luminosité diminue et les nuages rosissent. Les Jorasses, elles, se subliment. Le panorama est grandiose. Mise à part le fracas régulier des séracs, la Montagne semble s’éteindre. Presque plus de bruit. Seulement celui de nos piolets et de nos pas. On se sent libres et seuls dans cet espace démesuré, c’est une sensation simple et agréable.







3 rappels sur la Blanche et nous sommes cueillis au Col de Peuterey par un vent qui nous rappelle à la réalité. Notre objectif initial, l'enchainement d'une traite, en partant du parking, de la super intégrale de Peuterey nous echappe. Le pilier central du Freney est encore très enneigé, nous avons choisi de venir ici alors que les conditions n'étaient pas parfaites car je partais au Perou le 25 Juillet, on a tenté! Il manquait quelques semaines avant d obtenir les conditions idéales pour ce genre de projet, ce n'est que partie remise. Pour nous, avec cet état de fatigue, il nous fallait de très bonnes conditions dans le Freney avec une trace pour réaliser la course de nuit sans se perdre. Bref un très bel entrainement pour se préparer aux expéditions et a la gestion de la fatigue, mais surtout un plaisir d'evoluer avec un compagnon comme Seb, alpiniste hors paire et bougrement efficace avec lequel on se sent en confiance.

Le temps de se brûler les lèvres avec une soupe bien méritée et nous continuons notre route vers l’arête de neige de Peuterey. Encore 900 mètres de dénivelé à gravir le long d’une des plus belles arête du coin. Sous la pleine lune, le cadre est grandiose. Nous adoptons un petit rythme en s’interdisant les pauses. Juste une petite à mi chemin histoire de vider la bouteille d’eau dans nos gosiers desséchés.


Il est 2 heures quand nous rejoignons la meringue du Mont Blanc de Courmayeur. Un bon réta dans la neige et d’un coup, tout ce versant immense est derrière nous. La calotte sommitale scintille droit devant. Personne au sommet, le privilège des lève tôt !
Merci Seb.


La video a venir très prochainement!

6 mai 2016

Les Jorasses et l'Eiger en hiver

Deux petits films sur deux voies grimpées cet hiver pour deux styles d'escalade bien différents. Ces voies extrêmement variées sont historiques et proposent des longueurs comme on en rêve (quand on est adepte de la grimpe en hiver bien entendu...!)

 La première c'est la voie Cassin aux Jorasses que nous avons grimpé avec Maël Baguet dans des conditions parfaites à Noël dernier (Iso 0 vers 3000m et face complètement sèche). La seconde c'est à l'Eiger où nous avons grimpé en Mars avec Pierre Labbre et Seb Ratel. Nous avons parcouru la voie Harlin jusqu'à l'Araignée où nous avons bataillé pour finalement buter sans trouver la suite de la voie. Un peu de déception c'est certain mais aussi beaucoup de plaisir à sortir de chez soi pour découvrir un autre style de grimpe. Nous sommes arrivés au sommet en grimpant la classique de 1938 pour les 400 derniers mètres, répétant ainsi l'ascension réalisée il y a quelques années par Paul Robach, Cedric Périllat et Patrice Glairon Rappaz. Les deux derniers en avaient d'ailleurs profité pour réaliser une des plus belles trilogies alpines qui soit avec l'ascension hivernale de trois directissimes sur les "trois faces" des Alpes... Un bel effort!



                              


                              



20 mars 2016

Les petits mensonges de Marguerite

Un film assez désopilant (histoire vraie ou conte pour enfants je ne sais pas!) intitulé  "Marguerite", raconte la vie d'une richissime bourgeoise passionnée d'opéra, chanteuse elle aussi. Elle organisait ainsi dans son château des soirées où les plus grands maîtres défilaient. Oeuvrant pour une bonne cause, et parce qu'elle était extrêmement généreuse, personne n'a jamais eu le courage de lui dire qu'elle même chantait affreusement faux. De fil en aiguille, et puisque personne n'avait osé lui dire que ce qu'elle proposait aux tympans humains était une douce horreur, elle décide de se produire en ville. Sans raconter la fin de cette histoire succulente et tragique, le parallèle était tout trouvé pour parler d'alpinisme. Aussi étrange que cela puisse paraître, tout est aussi question dans cette discipline d'honnêteté vis à vis de soi et de ceux avec lesquels on s'engage.

18 févr. 2016

Entraînement hivernal

Après le beau créneau de Noël où il était possible de partir en montagne et grimper plusieurs jours sans stress, les fenêtres météo se font plus rares pour Janvier et Février. Quelques journées de grand beau sans vent mais pas l'anticyclone que tous les grimpeurs attendent pour se lancer dans des hivernales où plusieurs bivouacs sont nécessaires. Il faut donc meubler et si possible progresser en mixte avant de se lancer dans des projets plus sérieux.

Petit tour à l'ICE pour reprendre un peu l'escalade en hiver. Ici les voies mixtes du sombre héros qui permettent de grimper même si le cigare n'est pas formé. Copyright Ulysse Lefebvre


Pour cela, vivre à Chamonix permet de se pencher plus amplement sur le problème. La Rive Gauche d'Argentière est un excellent terrain d'entraînement où chaque mètre gratté apporte l'expérience du mixte tel qu'on peut le retrouver en haute montagne.

Le cul en arrière, une technique à n'utiliser qu'en dernier recours. Ici juste avant le drame!

Nous grimpons avec Didier Jourdain et Pierre Labbre la voie "Nightmare Rex" qui est une belle mise en bouche avec une escalade qui demande pas mal de sa personne. En l'occurrence je découvre à mes frais que grimper avec des leashs n'est pas conseillé dans ce terrain. Une chute plus tard je casse donc ma pioche qui a eu la mauvaise idée de rester agrippée à la paroi(!) alors que la pesanteur m'a vite rappelée vers le bas. Facteur 2 sur mon leash et un piolet en moins... Peine immense et retour au relais où je devrais m'employer pour finalement grimper en libre ce mixte retord de 12m avec les piolets de Pierre.