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Verdon
"Tom et je ris"
Copyright Pehuen Grotti

GMHM

18 juil. 2011

Directe Face N de la Meije

 Vendredi 15

Le rendez vous est pris pour la Meije samedi. Grosse excitation, le sommet est mythique tout autant que la voie où nous avons projeté de varapper. Histoire de changer de partenaire de grimpe, ce sera avec Maël que je me rendrai sur la belle.





Double Face...



Lorsque je le retrouve sur la parking du téléphérique, le bougre est bougon. Remarques grinçantes, humeur décalquante... Qu'il est grognon! Une semaine que ce facétieux zèbre n'a pas trainé sa dépouille en montagne et le voilà du coté obscur. Une petite montée au bivouac par les Enfetchores fait office de soupape et nous permet de retrouver un dialogue un peu plus constructif. Jusqu'à ce que je me rende compte que j'ai oublié la cartouche de gaz...
"On fait trop de la merde! On est trop à l'arrache sur le topo, les conditions" il semble qu'il continue à s'énerver encore un peu. Heureusement que j'avais fait cuire des pâtes avant! Même avec du pesto et du gruyère, cru c'est moins bon...
Bref le soir s'installe aussi confortablement que moi dans mon duvet. Plus que quelques heures et on grimpera dans cette face magique. Je la croise deux fois par semaine depuis cinq ans et je n'ai jamais eu l'occasion de m'y rendre. Grosse motiv!

Pénitent glacé, voisin de bivouac

4h00, enfin un petit déj facile à dévorer! De l'eau froide et des biscuits. Hiiiihaaaa c'est parti. Une longue errance dans les crevasses piloté par le grognon et nous voici au pied de la rimaye. Je m'y colle. On a choisi de la prendre à l'endroit le plus déversant, bien plus rigolo de bon matin!  Les nomics cherchent l'ancrages parfait en glissant légèrement quand on tire dessus ce qui provoque une sensation agréable. Cette rimaye monstre raide me met dedans direct. Corde tendue dans la suite facile qui constitue le départ du "Z", des goulotte géniales à grimper avec des conditions tout droit venues d'Ecosse. Le taupe!
On laisse le "Z" sur notre droite et on s'attaque à la voie droit dessus. il s'agit d'une sorte de grande dépression que l'on va remonter au mieux sur 300 mètres, un peu à  gauche, un peu à droite, en ne comprenant, comme souvent, pas grand chose aux explications du Labande. Bref on suit les pitons, souvent sans les voir pour ma part, et on s'éclate. Je grimpe encore un peu devant dans des plaquages collectors, du mixte dément dans du rocher sain. C'est génial cette voie.

Affutage de race tik


Maël prend le relais au pied d'une sorte de cirque sous lequel je me suis arrêté. La voie passe droit dedans, dans une fissure raide qu'il n'est pas aisé de faire en libre. Le 6a des anciens était doucement salé! La suite est composée d'une succession de passages de goulotte et  de mixte que l'on trouve bien dur (soutenu de longue en M5 avec des passages plus durs en M6/M6+) Les conditions hivernales que nous rencontrons ne nous permettent pas d'enlever une seule fois les crampons.  La suite est plus sèche mais délicate car les plaquages sont de moins bonne qualité. Maël envoie du gros, en second je force durement! Et c'est que du 5 sup... La déprime!
Je finis devant dans les derniers 100 mètres. Une goulotte en glace caraille qui se perd dans du rocher assez merdique. Je commence à être bien explosé. Au moment ou je tente vainement de me protéger, ma prise de pied casse et un gros parpaing s'éclate plein gaz en direction de Maël. La vision d'horreur. Par je ne sais quel phénomène malin cet éjaculat divin s'esquive au dernier moment en bifurquant dans un couloir plus à droite... Encore tremblotant,  je continue à avancer en me protégeant au mieux et parvient au sommet dans une reptance mémorable. Je suis occis, j'aurais pu lui dégommer la tronche il y a quelques minutes... mais je suis au sommet et il me rejoint en pleine forme. Tout aurait pu basculer... Trop fatigué. Faut que j'arrête d'y penser. Manger, boire, se concentrer sur la descente... Il est 14h30, on va prendre le temps.
Quelques heures plus tard nous sommes au bivouac. Grosse platrée au pesto et nous filons jusqu'à la gare intermédiaire en redescendant les Enfetchores. La nuit tombe. A 23 heures nous sommes dans les duvets,  trempés et détendus. Drôle d'aventure...

2 commentaires:

  1. c'est quoi ce caleçon qui dépasse ?!

    c'est le pure style !

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  2. j'en connait un qui s'est fait la variante des Enfetchores... me trompe-je ?

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